Double-Face

Nunca mirar detrás de las escenas...


Never look behind the scenes...


Non guardare mai dietro le quinte...




|| Ne regardez jamais l'envers du décor. ||





Nota para: yo, tú, él, ella, nosotros, vosotros, ellos, ellas:

Je me suis dit que Double-Face serait une fan-fiction plutôt comique à la base.



Mais connaissant mon style d'écriture, je ne pouvais pas faire du 100% joyeux.
Pardonnez-moi, je n'ai jamais été douée pour la comédie, car je suis de nature pessimiste, (dixit Prissou) et de toute façon, j'aime la tragédie.
Je n'aime pas lire ni voir des tragédies, et pourtant, j'aime en faire.
L'humain n'est qu'un tas de paradoxes et de contradictions emmêlées dans une coquille...



Plus on avancera dans l'histoire, et plus l'ambiance sera lourde (normale après tout, il faut bien que je commence une intrigue un jour ou l'autre...)

Mes SushizZz m'ont dit que cette fic était potable (ok, elles ont dit qu'elle était très bien) et j'ai tout de même rajouté des choses depuis.

Lisez ou relisez-là, et réfléchissez bien.

N'avons-nous pas en chacun de nous un deuxième visage?

# Posté le vendredi 25 septembre 2009 17:08

Modifié le vendredi 25 septembre 2009 18:56

Complainte pour deux âmes...



Rain and Tears




[L'un porte le masque
L'autre le fait tomber]

[L'un veut oublier
L'autre se raccroche à ses chimères]

...Deux fois une...

...Une âme pour deux corps...

--- Le poids du Monde ne sera pas dur à porter? ---

# Comme avalée par le royaume d'Hadès
Et broyée par son malheur
Elle est perdue, face à elle-même. #

~ Lui voulait simplement respirer
Le souffle de l'Eden ~

{ Juste tendre le bras, sans rencontrer d'obstacles. }

\ Mais sous leurs manteaux de peine,
Ils ont perdus tout ce qui leur servaient
A connaitre l'amour. /

< Deux vies déchues,
Recluses,
Enchaînées à leurs passés,
Et leurs ailes noires recouvrant leurs sentiments. >

|| Leurs yeux-miroirs,
Leurs c½urs de métal,
Se briseront peut-être un jour
Pour laisser entrer un pâle rayon de soleil ||

* Le glas n'a pas encore sonné,
Et leurs âmes ne feront plus qu'une *

...



A sin for him
Desire within
A burning veil
For the bride too dear for him
A sin for him
Desire within
Fall in love with your deep dark sin...

Complainte pour deux âmes...

# Posté le samedi 26 septembre 2009 11:56

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 16:49

1er Sentiment...

DOUBLE FACE


27 sont partis.
6 sont revenus.
Ce fut un vendredi 13.
J'avais appris, par un froid matin de novembre, la mort de mes parents.
Le vendredi 13, c'est le jour ou une vie sur Terre s'est écroulée.
Ma vie.
Je n'ai jamais su ce qu'il s'était passé dans ma tête...
Le début de ma folie?
Un zeste de délire?
Tout ce que je savais, c'est que je commençais à renier ma féminité.
Peut-être voulais-je perdre mon identité qui se raccrochait à mon passé...
Le résultat, c'est que Zembria Hoshi avait laissée place à un homme du nom de Sakuya Yashamaru.
Un homme qui ne laissera personne rentrer au fond de son c½ur.
Un homme qui ne montrera en aucun cas ses sentiments.
Un homme froid, solitaire.
La femme que j'avais été était partie en fumée, réduite à néant.
L'homme que je suis maintenant est la personnification de ma nouvelle vie.
Ni plus, ni moins.
Cependant, j'allais apprendre qu'on ne pouvait pas renier éternellement notre véritable nature...
Ni nos véritables sentiments.

1er sentiment


Avril, ne te découvre pas d'un fil.

Driiiiiiiiiiiiiiiing... Splak.

Mon neuvième réveil avait rendu l'âme.
Je hais les réveils.
Ce sont de futiles machines qui ne servent qu'à nous sortir du monde des Rêves.
Et mon rêve en question était bien plus beau que la réalité.

Poussant un long soupir lassé, je mis un pied en dehors du lit.
Bien trop froid.
Le carrelage était glacé.
Je sifflais et grinçais des dents en sentant le froid me monter dans la jambe, avant de la remonter pour profiter un dernier instant de la chaleur de ma couette.
Courage, ma vieille.
Tu l'as voulu, non?
Ton premier jour au Japon!
Une fois debout, j'ouvrais les volets pour laisser rentrer la lumière.
Les rayons me firent mal aux yeux, et je plissais ces derniers un instant, en sentant l'air frais sur mon visage.
C'était une matinée froide.
Mais belle.
Bonne augure?
Encore endormie, j'étais partie à la recherche de mon uniforme, sans faire attention où je mettais les pieds.
La penderie ne comportait que du noir.
Du noir, du noir, du noir.
Les pulls, les chaussettes, les T-Shirts...
Tout.
Même mon c½ur était vêtu de noir, je le savais.
Un grand et long linceul sombre le recouvrait.

Poussant de nouveau un soupir, j'enfilai le pantalon, et me regarda dans la glace en face de moi.
Je grognai, et mis alors une chemise ample.
Très ample.
Après tout, cet inconvénient féminin qu'était la poitrine ne devait en aucun cas se voir, sinon c'était fini pour moi.
Et puis de toute façon, elle était trop petite pour que quelqu'un -en particulier un homme- la remarque.

Bref, tout le monde a compris: Sakuya Yashamaru, le mec efféminé, allait se jeter dans la gueule du lion. Ou plutôt, il allait au lycée pour garçons, situé au beau milieu de la capitale japonaise.

Après un rapide petit déjeuner « à la française », je pris mon sac et mon bentô, et sortis de la maison, tout en prenant le soin de fermer la porte à double tour.

Cette demeure était tout ce qui me restait de mes parents, après tout: Logique que j'y tienne comme à la prunelle de mes yeux. Et je travaillais en tant que serveur dans un restaurant pour payer les petites rénovations, ainsi que les factures et mes repas.

Une vie pas très joyeuse, diront certains, mais j'étais satisfaite.

Après tout, des millions de mômes meurent chaque jour de faim, j'allais pas me lamenter sur mon sort... Et puis quoi encore. Fallait juste relativiser.

Le chemin entre la maison et le lycée était relativement court: Je ne mis qu'une petite quinzaine de minutes pour y parvenir.

Arrivée au portail, je percuta quelqu'un...

Si j'avais su! Ce fut la première rencontre.

Je dis bien première rencontre, car celle qui allait survenir par la suite changerait ma vie à tout jamais.

- Oh, je suis confus!

Je me retournai, l'air sceptique. S'il l'avait fait exprès, je n'allais pas me gêner pour lui dire les quatre vérités.

Mais à la vue de l'étrange garçon qui se tenait devant moi, la mine rouge de honte, je ne pus que le pardonner.

Il était grand. Très grand. Des cheveux noirs, et une mèche blanche sur le devant. Un air tristounet, torturé.

Il n'y avait pas que moi qui me sentait bizarre dans ce lycée...

Attendez, je n'étais même pas dans l'enceinte du lycée!

- Pas grave, fis-je en secouant ma main, de manière à ce qu'il comprenne que c'était le dernier de mes soucis.

Pour parler aux gens, j'utilisais ma voix la plus grave. Au début, ce fut un véritable calvaire, mes cordes vocales de fille n'ayant pas l'habitude de ce genre d'exercice. Mais avec la volonté et l'habitude, cela venait naturellement.

Le type à la mèche blanche se gratta la tête, visiblement gêné.

- Heu... Je suis nouveau... Et je vois que tu portes le même uniforme que le mien... Tu saurais où...

- Moi aussi. Je ne sais pas où il faut aller. Tu veux faire un bout de chemin avec moi?

Il se mit à sourire, et acquiesça.

- Arystar Krory. J'ai 18 ans. J'ai été transféré ici car j'ai... Mh... causé un petit souci là où j'étais avant, pour ainsi dire.

- Sakuya Yashamaru. Bon, je porte un nom asiatique, mais je suis européen, à la base. Ne cherche pas. J'ai 17 ans, 18 dans quelques semaines.

Il me serra la main, puis, doucement, nous nous mîmes en route vers le bâtiment principal.

L'édifice était plutôt grand, et d'un type totalement nouveau pour moi. D'apparence futuriste, il s'élevait sur plusieurs étages, et sa forme rendait au lieu un air de lancement de fusée. Bref, notre école ressemblait à un immense vaisseau spatial, avec ses murs blancs et ses grandes baies vitrées qui reflétaient la lumière d'un pâle soleil d'avril.

Ce n'était pas pour rien que notre établissement était l'un des plus réputé de la capitale...

Les autres élèves « mâles » affluaient dans la cour et les alentours, tout habillés de leurs uniformes noirs règlementaires. Toute cette gente masculine me donnait le sourire, mais au fond de moi, je n'étais pas du tout rassurée au beau milieu de ces... carnivores.

L'intérieur du bâtiment était resté dans cet esprit « futuriste ». Des spots incrustés dans le plafond rendaient une ambiance chaleureuse tout le long du couloir d'entrée, et le sol était d'un blanc immaculé. A croire que les agents de nettoyage passaient le plus clair de leur temps dans ce lycée...

Krory me montra des escaliers sur ma droite, et haussant les épaules, je me dirigeai vers les marches.

Des bruits se firent entendre sur le palier, au-dessus de nos têtes.

- ça doit être là-haut, dis-je, sans grande conviction et avec un étrange pressentiment. Viens, je pense que...

Je fus interrompue par un cri, et je me dépêchai de monter les dernières marches.

Près du mur du fond, là où la pénombre avait élue domicile, je vis un groupe de personnes entourer un élève, et ce dernier subissait apparemment le courroux de la bande.

- La prochaine fois que tu renverses du Coca sur ma chemise, tu pourras prendre un rendez-vous chez le chirurgien esthétique le plus réputé de la capitale!

Un rouquin. Plutôt grand. Et ce n'était pas un Japonais. Une carrure moyenne, un bandeau noir sur l'½il droit, et son autre ½il qui lançait des éclairs terribles. Il ne passait pas inaperçu, mais ce n'était pas le pire.

Les autres énergumènes avaient aussi quelque chose de frappant, dans leur manière d'être.

A sa droite, un type plus petit, les cheveux blancs, et les yeux d'un gris cendré. Ce n'était pas non plus un japonais...

A sa gauche, un autre de la même taille, de longs cheveux noirs attachés en queue de cheval, et des yeux d'un bleu nuit. Le seul asiatique de la bande, me semblait-il.

Un quatrième homme, adossé nonchalamment contre le mur, des cheveux noirs en bataille. Un regard ambré à l'aura presque maléfique. Et un unique grain de beauté sous l'½il gauche. Encore un européen!

Puis deux jumeaux, l'un avec de longs cheveux blonds, l'autre des cheveux noirs et courts. Ils semblaient monter la garde tout en appréciant perfidement la scène qui s'offrait à eux. Aucunement asiatiques...

Purée... S'ils voulaient passer inaperçus, c'était mal barré.

Ah, et quand à la chemise du rouquin, elle était aux trois quarts noyée, tâchée par le Coca.

Ce mec, il ne prenait pas la vie côté Coca-Cola...

De ce que j'avais compris en montant les marches, cet homme s'appelait Lavi.

Le pauvre type coincé par la bande était maintenu en l'air par le col de sa chemise, et... Par le type aux longs cheveux noirs. Il suffoquait, le pauvre, mais personne ne semblait s'inquiéter de son admirable teint écarlate qui s'étendait sur son visage rondouillard.

- Hé, on a de la visite, Lavi.

Le mec aux yeux ambrés nous dévisageait, la clope au bec.

Le dénommé Lavi se retourna et nous regarda de son seul ½il valide.

- Qu'est-ce que vous foutez ici, vous?

Krory, qui était derrière moi, bafouilla et rougit tout en reculant.

- Ca ne te regarde pas, il me semble. Fis-je en le fixant froidement. Et depuis quand les ainés peuvent-ils casser la figure aux nouveaux? C'est vous qui donnez la réputation de prestige à ce bahut?

Un silence s'installa. Ce silence pesant où l'on remarque trop tard la gaffe que l'on a faite.

Lavi cligna de l'½il trois fois de suite, se demandant sûrement qui était ce jeune présomptueux qui osait parler ainsi au mec le plus cool du lycée.

- Tu sais à qui tu parles, là?

- Je m'en fiche. Que ce soit toi ou un autre, c'est pareil.

- Tu ferais mieux de te casser avant que je ne te choppe.

- Tes menaces me font trembler de peur. Je suis terrorisé, en effet.

Les autres assistaient à notre duel verbal de bas étage, sans dire mot. A croire que c'était la première fois qu'il voyait un nouveau tenir tête à leur chef de bande.

La sonnerie retentit, et avant que je ne puisse esquisser un pas, on me pointa quelque chose sur la tête.

- Oy, le mec efféminé... Tu ferais mieux de présenter tes excuses avant qu'on te plante une balle dans le crâne.

- Mec efféminé? Sifflais-je en me tournant vers celui qui avait parlé, c'est-à-dire l'homme aux longs cheveux noirs. Ça, c'est-ce qu'on appelle le coup de la poêle qui se fout du chaudron... Regarde-toi avant de déblatérer tes conneries! Et vous... Dégagez-moi le plancher de ces deux abrutis, rien qu'a les voir, ça me donne des nausées...

Les deux jumeaux avaient en effet pointés deux revolvers vers ma tête, attendant les ordres de leur leader.

Lavi haussa un sourcil, et esquissa un sourire.

- Tu ne manques pas de toupet. Tu as de la chance, il faut que l'on aille à la salle de sport pour le discours du président des élèves. J'aurais eu plus de temps, je t'aurais fait la tête au carré.

Les jumeaux rangèrent leurs revolvers, et le type aux longs cheveux noirs lâcha l'élève terrorisé.

Tout le groupe passa devant moi en me jetant des regards qui se voulaient agressifs, et quand ils disparurent dans les escaliers, je me retournai vers la victime de la bande.

- ça va?

- Voui, cha va...

Je fronçai les sourcils en remarquant qu'il avait reçu un coup à ma mâchoire, ce qui rendait la prononciation du japonais plutôt difficile.

- Tu connais ces types? Demandais-je en l'aidant à se relever.

- Non... Che chuis nouveau, che ne connais pas ches mecs...

- Mh... Il faudrait aller à la salle de gym, nous aussi, sinon on va louper le discours et les explications du Président des Elèves...

- D'accord... Et merchi de m'avoir chauvé!

- D'rien... Ce sont de véritables brutes, de toute façon... grognais-je en haussant les épaules.

- Che m'appelle Chaoji. Che chuis en première année.

C'était un type plutôt rondouillard, une gueule de mec sincère, et qui ne se prenait pas la tête. Il devait aimer et se contenter de choses simples... C'était en tout cas l'impression qu'il me donnait.

- Moi c'est Sakuya Yashamaru, et le grand, c'est Arystar Krory. Comme tu peux le voir, nous ne sommes en aucun cas asiatiques...

Il me serra la main, et n'oublia pas de reprendre sa bouteille de soda presque vide pour la remettre dans son sac en esquissant un sourire plein de tendresse...

Un véritable amoureux de Coca...


Nous nous étions installés sur les tatamis de la salle de sport, en attendant la venue du Président des Elèves.

Apparemment, c'est là qu'avait lieu chaque discours de début d'année: Le règlement du lycée de l'année dernière était encore affiché sur l'un des nombreux panneaux accrochés au mur.

Le brouhaha régnait dans la salle, chaque élève trépignant d'impatience, les regards braqués sur la petite plate-forme improvisée servant de scène, avec un micro posé en plein milieu.

Les yeux posés sur l'élève assis devant moi, je ne vis pas les deux jumeaux de la bande des brutes s'asseoir à quelques mètres devant nous.

Où était les autres?

- Che crois que cha commenche...

La voix de Chaoji résonna dans ma tête avec un écho, et ce fut quelques secondes plus tard que je relevai la tête pour voir l'un des élèves monter sur la plate-forme.

Le bruit avait diminué d'intensité, et un groupe de personnes rentra dans la salle, pour monter à leur tour sur la scène.

Je m'étouffais, pour ainsi dire: Lavi, le type aux cheveux blancs, l'autre aux cheveux noirs, et le dernier, le mec aux yeux ambrés.

Le Président des élèves, un type assez petit, les cheveux longs et blonds, se racla la gorge pour voir si le micro était bien branché.

Quand il eut obtenu satisfaction, il embrassa la salle du regard, et sourit.

- Bonjour à tous! Je me présente: Bak Chan, le seul et unique président des élèves. Aujourd'hui, c'est une nouvelle année qui débute, et j'espère que tout se passera pour le mieux au sein du lycée. Vous qui êtes nouveaux, je tiens à préciser que le règlement de l'établissement doit être suivi à la lettre. C'est de cette manière qui vous entretiendrez l'image et le prestige de cette école. Je ne tolère aucune faute ici, et gare à ceux qui enfreignent nos lois...

- Tss, Des lois... murmurais-je entre mes dents. Il devrait poster des caméras dans tous les angles, pour voir si ses lois sont respectées! Quel imbécile...

- Car la devise du lycée n'est autre que «  Respect, droiture et succès ». J'espère que tout se passera bien pour vous, cette année. Pour chacun de vous.

Je regardai les jumeaux. Ils étaient tous les deux braqués sur Bak, leurs regards semblables ne laissant aucune émotion les traverser.

- Il y a plusieurs clubs au sein du lycée. Le club de sport est dirigé par Kanda Yu, à ma droite.

- Che crois que che vais éviter de m'inchcrire au club de chport chette année... Souffla Chaoji.

Le Président des Elèves montrait le mec aux longs cheveux d'ébène, et d'apparence froide.

Froide? Non, même glaciale, à l'aura cruelle et sans sentiments, hormis la colère.

Bref, un type contre lequel je refuserais de me battre...

- Je ne vanterais pas les mérites du lycée, continua Bak, mais il est l'une de nos plus grandes fiertés! Il a gagné le tournoi national de kendô l'année dernière, et j'espère qu'il pourra de nouveau le gagner cette année.

- Fierté de mes fesses oui... Frapper les nouveaux, c'est sûr, on en retire une fierté énooorme...

Krory me fit signe de baisser le ton, car les jumeaux avaient entendus, et me regardaient hargneusement.

- Lavi s'occupe de la bibliothèque. Si vous avez un problème lors de vos recherches documentaires, demandez-lui. C'est un professionnel.

- Et t'as oublié professionnel du « tu m'touches, j'te bouffe »...

- Sakuya! Murmura Krory, de nouveau.

Le Président des Elèves mit sa main sur l'épaule du type aux cheveux blancs.

- Et adressez-vous à Allen Walker pour les cours de musique. Son talent au piano est inégalable!

- Mais c'est pas vrai, pourquoi il fait les éloges de ces imbéciles?

- Et à Tikky Mikk pour les cours de dessin. Il est l'assistant du professeur Tiedoll.

- Je rêve! Dis-je en me mordant la lèvre inférieure. Je vais devoir faire une croix sur les cours de dessin cette année? Pas question de fréquenter ce pervers une seule seconde!

- D'où tu vois que ch'est un pervers? Me demanda Chaoji, en haussant les sourcils.

- J'en sais rien, mais il a une gueule de pervers. C'est tout.

- Et moi qui voulait m'inscrire à la bibliothèque... se plaignit Krory.

Je le regardai, et souris.

- Tu peux toujours voir à la bibliothèque du coin. A Tokyo, c'est pas ce qui manque!

Je soupirai, et remis toute mon attention dans le discours du Président des élèves.

- Nous avons mis la liste des classes dans le hall, je vous invite à vous y rendre pour prendre connaissance du numéro de votre classe. Les cours commenceront cet après-midi, à 14h. Sur ce, je vous souhaite une bonne et agréable année, ainsi qu'une excellente journée!

Bak descendit de l'estrade, et les responsables le suivirent.

Je me levai, puis m'étira tout en embrassant la salle du regard.

- Et on se met tout les responsables sur le dos dès la première journée!

Oui, une sacrée année allait commencer...


- T'inquiètes, Sakuya, c'est pas si grave!

Krory me tapotait l'épaule tout en lançant des phrases de réconfort, et Chaoji regardait la scène d'un air compatissant.

Oui, vous pouvez compatir à ma peine...

Quelle idée de se retrouver dans la même classe que les deux jumeaux, ceux qui avaient pointé leurs flingues directement vers mon crâne?

Cette sale bande de Tape-à-l'½il faisait tout pour m'irriter...

Ce n'était pas tout, un prof (barbu avec de grosses lunettes, un air excentrique...) m'avait demandé -en insistant- si je pouvais prendre la place d'adjoint du responsable du club de dessin, c'est-à-dire, vous l'aurez tous compris: Tikky Mikk.

Bon Dieu.

Je le retiens, celui-là.

J'étais désespérée: Que pouvait-il m'arriver de pire en ce jour de rentrée?

- Les cours de dessin commencent quand? Demanda Kro' en me tendant mon bentô du midi.

- Merci... Ils commencent ce soir-même, répondis-je en grignotant la nourriture sans grand appétit.

- Peut-être que ce Tikky est différent en cours? Dit Chaoji en tentant de me remonter le moral.

- Tu rigoles? Je m'en fiche qu'il soit différent ou pas! Un abruti reste un abruti, point barre.

Mon humeur empira quand je vis Allen Walker qui marchait dans notre direction avec 3 cartons dans les bras.

Il jeta un coup d'½il vers nous, et esquissa un large sourire.

- Il se prend pour qui ce mec, à nous sourire gratuitement après tout ce qui s'est passé ce matin?

Il s'avançait vers nous, les boîtes vacillant dangereusement.

Et il arriva ce qu'il devait arriver: La pile de carton tomba droit vers nous.

Par pur reflexe, je rattrapai deux de ces cartons, et le troisième explosa au sol.

Je vis alors avec stupéfaction que des katanas y étaient rangés.

- Merde alors... Vous faites vraiment du trafic d'armes, ou quoi? Lançais-je, étonnée.

- Hein? Ah, non, c'est juste pour la déco de la salle de sport...

Allen se baissa pour ramasser le carton, et me regarda.

- Dis... Tu as de très bons réflexes... Tu ne voudrais pas t'inscrire au club de sport? On manque cruellement de bons éléments, même si beaucoup de gens participent aux activités... Et ton physique plairait à Kanda...

- P... pardon?

Krory s'étouffa avec sa propre salive, et Chaoji tomba droit dans les cartons sous l'effet de la surprise.

- Mais... Non! Ce n'est pas ce que je voulais dire! S'exclama Allen en secouant les mains. Je parlais de ta carrure...

- Attends, attends... Tu veux que moi -je pointai mon index vers mon visage- aille rejoindre le type qui a une crotte de rat à la place du cerveau?

Le sourire qu'affichait le responsable des cours de musique disparu, et il ramassa les katanas pour les remettre dans le carton.

- Hum... Il m'a juste demandé des renseignements sur toi... Tu as l'air habile avec tes mains, et ton corps semble taillé pour la vitesse durant les combats.

- Je suis une... Un homme pacifique. Les combats ne m'intéressent pas.

Tiens... J'allais commettre une terrible erreur. Etrange.

D'habitude, cela ne m'arrivait jamais.

Allen se releva après avoir pris ses cartons, et tendit sa main gauche, la droit étant occupée à porter les boîtes.

- Au fait... Je ne me suis pas présent convenablement. Allen Walker. J'ai 16 ans.

- 16?

- J'ai sauté plusieurs classes, et je suis dans celle de Lavi.

Je lui serrai la main, et ramassa Chaoji qui était resté affalé par terre.

- Je suis Sakuya Yashamaru. Le gros, c'est Chaoji, et le grand, Arystar Krory.

- Heu... Je suis désolé pour ce matin... dit Allen, soudainement gêné. D'habitude, Lavi n'est pas comme ça, mais la rentrée et les préparatifs le rendent nerveux. Surtout quand on fait tomber du Coca sur sa chemise.

Chaoji était devenu rouge pivoine, et il bafouilla quelque chose d'inintelligible.

- Je rigolais. Bon, je vous laisse, je vais apporter ça à Bakanda avant la sonnerie, dit Allen en faisant la grimace.

Je fis un petit signe de tête en guise de salut, et remis ma tête dans mon bentô tout en regardant l'horloge.

Finalement, la matinée n'était pas si sombre que ça...


La fin de la journée se passa sans encombre.

Je fis la rencontre de mes nouveaux professeurs -aussi fous les uns que les autres- et les jumeaux m'avaient laissé tranquille. Peut-être qu'Allen leur avait dit de me laisser en paix.

Bah, qu'importe.

Vers 15h, je vis les élèves sortir et rentrer chez eux, puis je me dirigeai vers la salle de dessin, située au rez-de-chaussée, en priant de ne pas croiser l'un des membres de la TAO (nda: Tape-à-l'½il). Chose qui, évidemment, se produisit.

( Dieu! Pourquoi as-tu donc jeté toute ta haine contre moi? Suis-je un parasite à tes yeux?)

Chose qui se produisit, donc. Avec un Lavi plutôt de bonne humeur.

Je fis semblant de ne pas le remarquer, mais cela risquait d'être dur compte tenu de l'étroitesse du couloir.

Et bien sûr, ma tactique ne fonctionna pas: Le rouquin s'était positionné juste devant moi.

- Et bien? Tu n'entends pas quand on t'appelle?

Je le regardais, faussement étonnée.

- Mh? Quoi? Ah! Chercherais-tu quelque chose?

- Où vas-tu, comme ça?

- Je vais à la salle de dessin, tête de limace. Répliquai-je froidement.

- Ah... C'est donc toi l'assistant dont me parlait Tiedoll...

- On dirait.

Lavi regarda derrière son épaule, et se pencha vers moi, avec la mine de celui qui cache des choses.

- Méfie-toi... Malgré le fait que Tikky ai une copine, il ne peut pas s'empêcher de reluquer les mecs efféminés comme toi... C'est un véritable pervers sous ses airs de type shooté.

- Quoi? Il reluque même Kanda?

- Yu est hors-course... souffla-t-il, en riant.

- Ah... Il risque de repartir avec quelque chose en moins s'il ose poser ne serait-ce que le bout du doigt sur moi.

Lavi se mit à sourire, son ½il valide pétillant avec malice.

- J'aime tes reparties! Je pense que tu t'en sortiras tout seul.

- Mh... Tu penses... Etonnant.

Je le contournai, et marchai droit vers la salle d'art.

- Hé! Attends!

Je stoppai net, et me retournai vers le rouquin, attendant la question.

- Quoi?

- ça ne te dirait pas d'aller faire un tour au club de sport après les cours de dessin?

- Et en quoi cela m'avancerait-il?

- Et bien Yu cherche des nouveaux pour...

- Non merci. On m'a déjà fait la proposition.

- Ah bon? Qui?

- Walker.

Lavi se gratta la tête, visiblement déçu.

- J'espérais être le premier... Bah... Tant pis. A demain, alors!

Je le suivais du regard, soudainement étonnée de voir nos relations changer aussi vite. Quant il eut tourné sur la droite, je poussai un soupir exaspéré.


- Tu es en retard, Sakuya.

Le regard d'ambre de Tikky s'était abattu sur moi, comme une guillotine sur un condamné.

A peine avais-je posé le pied dans la salle que ses yeux de rapace s'étaient braqués sur moi.

- Mouais. On croise beaucoup de tes petits copains, dans les couloirs. Répliquai-je, en posant nonchalamment mon sac sur le bureau du professeur.

- Qu'importe. Et de toute manière ce ne sont pas « mes petits copains ». Bref... Le professeur Tiedoll m'a transmis ton dossier, et j'ai remarqué que tu avais des aptitudes en dessin, mais aussi au kendô... tu as donc fréquenté des clubs, auparavant? Tu ne veux pas aller voir Kanda pour...

- Non merci! Le coupai-je, excédée, en faisant un signe négatif de la main.

Tikky m'observa quelques secondes, puis se retourna vers les élèves tout en grognant des choses pour lui-même.

- Bien! Bonjour à tous, je suis Tikky Mikk, le responsable des cours de dessin. Le professeur Tiedoll n'étant pas là, j'assurerai le cours aujourd'hui. Le professeur a des cours à faire dans un lycée mixte, donc vous comprendrez bien qu'il ne peut pas être à deux endroits différents.

- Tu m'épates, là... Soufflai-je, amusée.

- La ferme, l'efféminé... rétorqua le brun en plissant les yeux. Bien! Nous allons commencer le cours...

L'heure se passa tranquillement, sans aucune altercation. Pour un pervers, Tikky semblait plutôt calme: Peut-être s'était-il grillé un joint avant de rentrer en classe...

Le cours se termina à 16h30, et avant que le responsable du cours ai pu me dire quoi que ce soit, j'avais déjà tout remballé.

Je me dirigeai vers les casiers quand j'entendis une voix forte, accompagnée par des bruits de choc.

Cela provenait de la salle de sport.

Mon c½ur s'emballa pour une raison inconnue, mais la curiosité l'emporta sur l'appréhension.

Je m'approchais à pas de loup, et passa ma tête dans l'entrebâillement de la porte.

Pourquoi à pas de loup, mystère.

Cependant je ne désirais pas qu'un des membres de la TAO me prenne en flagrant délit, alors que j'avais refusé leur offre d'entrée dans le club de sport...

Entraînement de kendô.

Avec une grande nostalgie, j'observais les élèves abattant leurs sabres de bois sur les autres, en poussant leurs célèbres cris.

Pour ma part, c'était un sport que je ne referais plus.

Le type aux longs cheveux noirs les regardait, les bras croisés sur son torse, corrigeant les fautes de ses élèves avec une froide sévérité.

Je ne pus m'empêcher de remarquer qu'il était un bon prof...

La sonnerie retentit, et les élèves filèrent dans les vestiaires pour se changer.

Je poussai la porte un peu plus de manière à pouvoir pénétrer dans la salle, et sentir les tatamis sous mes pieds. A leur contact, je me suis soudainement rappelé mon enfance, et c'était avec une tristesse démesurée que j'étais parvenue au centre de la salle.

L'un d'eux avait oublié de ranger son shinai, et rongée par l'envie, je le pris sans faire attention aux personnes qui pouvaient me voir.

« Fais pivoter ta lame de manière à ce que le tranchant touche ton adversaire! Voilà! Comme ça, c'est bien. Tu vois, tu te débrouilles pas si mal pour un début! Dis-toi que le sabre n'est que le prolongement de ton bras... »

Ses paroles... A lui...

Tout son enseignement surgissait dans mon esprit, comme l'eau d'une fontaine trop longtemps tarie qui ne désirait qu'à sortir.

- Tu as l'air de bien t'y connaitre.

Le shinai avait failli me tomber des mains, mais je me ressaisis avant de me retourner.

Adossé contre le mur, Kanda me scrutait de ses yeux bleu saphir, ses bras encore croisés contre lui.

- Je viens de lire ton dossier, dit-il en remarquant l'absence totale de réaction.

- C'est étrange qu'autant de responsables veuillent lire mon passé.

Kanda jeta un coup d'½il au katana, et soupira.

- Simple curiosité. Ce n'est pas tout les jours que l'on croise un européen, excellant à la fois dans le dessin et le kendô.

En guise de réponse, je remis l'arme à son emplacement initial, et remarqua que les cartons qu'avait apporté Allen n'étaient pas déballés.

- Walker t'as apporté les katanas de décoration. Tu ne les veux pas?

- Tss... Moyashi ferait mieux de s'occuper de ses propres affaires.

- Mh... Allez! M'écriai-je en reprenant le shinai. Je veux voir le niveau du terrrrrible responsable des cours de sport, l'uniiiiique gagnant du tournoi national de kendô!

Kanda s'avança vers les tatamis, un verre de thé dans la main.

- Ah! Tu vas te battre avec un verre de thé? Les guerriers ne sont plus ce qu'ils étaient, mon pauvre! M'exclamai-je, trop sûre de moi.

- Qui sait...

Une lueur dans ses yeux.

Une brève lueur.

Je baissai ma garde, et le kendôka en profita pour se jeter sur moi.

Prise de court, je fis pivoter mon arme dans sa direction pour le toucher à l'épaule, mais mon coup était si faible qu'il put l'arrêter à mains nues.

Le verre de thé fit un vol plané pour atterrir droit... Sur mon visage.

Du thé brûlant, en plus.

- J'ai gagné...

- Enfoiré! Hurlais-je en tombant par terre. C'était déloyal!

Kanda me regarda d'un air sceptique, un sourcil levé.

- Parce que tu crois que c'est loyal d'avoir un homme armé d'un katana qui se lance sur un autre armé d'un verre de thé?

- Tu m'as pris par surprise!

Kanda haussa les épaules, et ramassa son verre.

- C'est ça, le kendô...

- Et bien tu possèdes une méthode différente de la mienne... Peut-être parce que toi tu es japonais, et moi français... J'en sais rien...

Je m'essuyais le visage à l'aide de ma manche, et je sentis que l'on saisissait mon bras pour m'aider à me relever.

Mon estomac sembla descendre de plusieurs étages, pour se retrouver dans mes chaussettes, et je me retira vivement de la poigne du japonais.

- Ne me touche pas. On a pas gardé les cochons ensembles, à ce que je sache.

Kanda plissa les yeux, et un rictus se forma sur ses lèvres.

- Tu ferais mieux de rentrer chez papa-maman.

Sa réplique me fit l'effet d'une douche froide.

- Quoi? Fit-il, la mine légèrement inquiète.

- Qui te dit que je suis chez...

Je commençais à avoir du mal à m'exprimer, et je me mordis la lèvre inférieure, maudissant mon manque de sang-froid.

Kanda, un homme froid comme un iceberg du pôle sud, démontra alors un peu de chaleur humaine.

Et oui, au départ, ce japonais glacé monté en crème (je plaisante, je plaisante...) était un humain, à la base.

Ce genre d'espèce bipède, légèrement atteinte de crétinisme, et qui ne pense qu'à satisfaire son ego.

Kanda était de ceux-là.

- C'est sorti tout seul... Ce n'était pas mon intention de...

- Laisse tomber.

Je filai vers la sortie en prenant mes affaires, et me dirigea dans la rue en retenant mes larmes.

Le salaud... Le salaud!


Kanda eut un frisson, et parcouru le dossier de Sakuya Yashamaru.

- Que...

Oui, à cet instant précis, il se sentait vraiment crétin.

«  Père: --- / Mère: ---

Il posa son regard sur le shinai, puis sur les cartons qu'avait apporté Moyashi, et décida finalement de tout déballer, quitte à y rester toute la soirée.

○○○

C'est... Fini.

J'ai brassé, j'ai brassé...

Voilà le 1er chapitre.

J'avais écrit les commentaires pour chaque chapitre, mais finalement j'ai décidé de ne pas les mettre.

Pour les questions, j"y répondrai volontiers à la fin du 2ème chapitre!

Le dessin viendra plus tard, vu que j'ai pas encore de scanner.

Et j'espère que vous avez écouté la chanson...

# Posté le samedi 26 septembre 2009 12:00

Modifié le vendredi 06 novembre 2009 16:40